Leçons de survie sous terre
les enfants de Kharkiv trouvent refuge dans des salles de classe souterraines
Alors que l’Ukraine entre dans sa troisième année de guerre, la ville de Kharkiv, proche de la frontière russe, a trouvé une nouvelle façon de maintenir ses écoles ouvertes. Les cours se tiennent désormais sous terre, où les enfants sont protégés des bombes et des missiles. Ces écoles offrent aux enfants un sentiment de sécurité, d’espoir et de normalité au milieu de la guerre.
L’éducation souterraine en temps de guerre en Ukraine
Le 1er septembre 2025, la rentrée scolaire à Kharkiv avait un visage bien différent. Environ 17 000 enfants sont allés à l’école dans des abris anti-bombes transformés en salles de classe. Certaines écoles sont construites trois étages sous terre et peuvent accueillir jusqu’à 1 500 enfants.
Les stations de métro ont également été transformées en classes, équipées de bureaux, de tableaux blancs et de livres. Faute de place, environ deux tiers des enfants de Kharkiv continuent d’étudier en ligne. Ils se relaient pour assister aux cours en présentiel lorsque des places se libèrent. Pour les familles, il ne s’agit pas seulement de cours, mais d’un moyen de retrouver une certaine normalité dans une ville régulièrement attaquée par des missiles.
Parents et élèves: un retour à la normalité
Pour les parents, ces écoles souterraines sont un soulagement après de longues années d’isolement. Une mère a expliqué que cela permettait à son enfant de « se sentir à nouveau élève, et non plus seulement un survivant ».
Les enfants, quant à eux, sont heureux de retrouver leurs amis, de participer à des activités de groupe et d’apprendre en face à face avec leurs professeurs. Selon les enseignants, ces cours ne se limitent pas aux apprentissages scolaires : ils offrent aussi un soutien émotionnel, une routine quotidienne et la possibilité de vivre leur enfance malgré la guerre.
Soutien international et aide humanitaire
Ces écoles souterraines existent grâce à l’aide internationale. Le HCR et la Fédération luthérienne mondiale (LWF) ont rénové ou équipé six écoles souterraines dans la région. Elles accueillent désormais près de 2 500 élèves et 400 enseignants.
Même lorsque les sirènes d’alerte retentissent, les cours peuvent continuer en toute sécurité. Des organisations ukrainiennes et internationales fournissent également des livres, du matériel scolaire et des programmes de soutien psychologique. Cette aide mondiale permet de maintenir l’éducation vivante dans l’une des zones les plus dangereuses d’Europe.
L’éducation comme symbole de résilience
Les écoles souterraines de Kharkiv ne sont pas seulement des refuges : elles sont des symboles de force. Elles montrent que l’Ukraine refuse de laisser la guerre priver ses enfants d’avenir.
La proximité de la Russie oblige la ville à construire des classes profondes et solides. Les enseignants, eux, mettent l’accent autant sur la santé mentale et le soutien émotionnel que sur les matières scolaires. Les enfants continuent d’apprendre chaque jour, même si la guerre se poursuit au-dessus de leur tête. Cette génération apprend à survivre sous terre, tout en rêvant d’une vie paisible à la surface.

Pourquoi cela compte dans le monde entier
L’histoire de Kharkiv est importante non seulement pour l’Ukraine, mais aussi pour le reste du monde. Elle démontre que l’éducation peut continuer même en temps de guerre, grâce à la créativité, au courage et au soutien international.
De la Syrie à l’Afghanistan, de nombreux pays en conflit ont besoin d’espaces sûrs pour l’éducation des enfants. Kharkiv est désormais un symbole mondial, prouvant que les écoles peuvent être construites avec espoir et solidarité, même dans les périodes les plus sombres.
Conclusion
Les salles de classe souterraines de Kharkiv prouvent que l’éducation peut survivre même en pleine guerre. Elles offrent aux enfants sécurité, soutien et l’opportunité de rêver à un avenir meilleur. Grâce aux familles, aux enseignants et à l’aide internationale, ces écoles représentent une lumière d’espoir sous la terre.