Un appel viral aux blocages se répand en France
Le mercredi 10 septembre 2025, la France se prépare à de nouvelles manifestations. Le mouvement appelé « Bloquons tout » s’est rapidement diffusé sur TikTok, Instagram et Telegram. Il appelle les citoyens à participer à un blocage national.
Personne ne sait clairement qui en est à l’origine, mais le message est puissant. De nombreux travailleurs, étudiants et militants locaux s’y reconnaissent. Par exemple, Sabine Raynaud, enseignante à Montpellier, explique que la protestation ne concerne pas seulement le blocage des routes. Elle touche aussi au coût de la vie, à la hausse des prix du carburant et à l’inflation en France, qui frappent durement les familles. À cause de cela, beaucoup comparent ce mouvement aux Gilets jaunes de 2018. Mais il existe aussi de grandes différences.
Les échos du mouvement des Gilets jaunes
Les protestations de Bloquons tout reprennent plusieurs actions déjà utilisées par les Gilets jaunes, comme :
- Le blocage des autoroutes et des ronds-points
- La perturbation des transports à Paris, Lyon, Marseille et Toulouse
- Le rassemblement de soutiens dans les zones rurales et les périphéries urbaines
En 2018, les Gilets jaunes avaient transformé de simples blocages en occupations prolongées. Ils construisaient de petits camps, allumaient des feux et partageaient des repas. Ce qui avait commencé comme une colère contre les taxes sur le carburant s’était transformé en un combat plus large sur la fiscalité, la justice sociale et la revendication de référendums d’initiative citoyenne. Ce style de protestation marque encore aujourd’hui les mouvements français. Les blocages sont perçus comme une manière puissante d’attirer l’attention.
En quoi le blocage du 10 septembre diffère de 2018
Malgré ces ressemblances, les experts relèvent trois différences principales.
Le calendrier de la mobilisation
Les Gilets jaunes manifestaient surtout le week-end ou lors de grèves syndicales.
Mais Bloquons tout a choisi un mercredi.
Cette action en semaine vise à perturber immédiatement la vie quotidienne — écoles, emplois, circulation. Elle traduit un passage du geste symbolique à la perturbation directe.
La nature des revendications
Les Gilets jaunes avaient fait évoluer leurs revendications. Ils avaient commencé par contester les taxes, puis exigé des réformes plus larges.
Bloquons tout, lui, reste plus flou. Son cœur de mobilisation touche à l’inflation, aux inégalités sociales et au rejet des politiques gouvernementales, mais il ne dispose pas encore d’un programme commun.
Le soutien institutionnel et politique
Les Gilets jaunes revendiquaient fièrement leur indépendance, sans syndicats ni partis.
En 2025, Bloquons tout est différent. Des partis de gauche et des syndicats apportent un soutien ouvert. Cela donne plus de visibilité et d’organisation au mouvement, mais enlève une partie du caractère « mouvement populaire ».

ALSO Read: Les élèves ukrainiens retournent à l’école dans les salles de classe souterraines de Kharkiv
Une nouvelle phase de la mobilisation sociale en France
Bloquons tout n’est pas une simple copie de 2018. Ce mouvement illustre que la France reste marquée par l’inflation, la cherté de la vie et les politiques d’Emmanuel Macron.
Mais plusieurs questions restent en suspens :
- Le 10 septembre sera-t-il une journée isolée ou le début d’un mouvement plus long ?
- Un mouvement sans programme clair peut-il durer, comme l’ont fait les Gilets jaunes ?
- Le soutien des syndicats et des partis va-t-il renforcer la protestation ou, au contraire, la rendre moins populaire auprès des citoyens ordinaires ?
Quoi qu’il arrive, Bloquons tout représente une nouvelle forme de contestation en France. Il combine la puissance virale des réseaux sociaux avec l’héritage des Gilets jaunes.
Conclusion
Le mouvement « Bloquons tout » montre que la frustration en France demeure forte. Il reprend certaines idées des Gilets jaunes mais adapte aussi son mode d’action. Qu’il dure ou s’éteigne rapidement, il prouve déjà une chose : de nombreux Français sont encore prêts à se lever contre la vie chère et des politiques jugées injustes.