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La Peau dure » et « Haute-Folie » : deux nouveaux romans pour tuer le père

Haute-Folie

Paris, 15 août 2025 — Dans cette chronique d’adieu après cinq années de liberté de ton et d’engagement littéraire, Abnousse Shalmani met en lumière deux récents romans, La Peau dure de Vanessa Schneider et Haute-Folie d’Antoine Wauters, qui s’entrelacent dans une même quête : affronter le silence familial pour guérir par la parole.

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1. « La Peau dure » de Vanessa Schneider : un amour impossible à ignorer

La chronique s’ouvre sur une citation forte de Michel Schneider, père de l’autrice, affirmant :

« Nous sommes la première génération à avoir tué à la fois le père et le fils ».

Michel, ancienne figure radicale ayant œuvré au sein de l’État puis devenu psychanalyste et écrivain, a marqué la trajectoire de Vanessa à la fois par sa rigueur, sa violence et son héritage culturel complexe.

Dans La Peau dure, Vanessa Schneider ne livre pas une vendetta contre son père, mais un hommage empreint de sincérité, mêlant affection, douleur et ambivalence. Je veux ce bonheur et cette version facile. Elle explore la puissance de l’éducation, souvent transmise dans un amour exigeant, et transforme ses souvenirs en littérature émouvante.

2.  Haute-Folie » d’Antoine Wauters : quand le silence devient poison

Le second ouvrage, Haute-Folie d’Antoine Wauters, met en scène un couple heureux—Blanche et Gaspard—jouant leur vie dans une ferme appelée « Haute-Folie », jusqu’à ce qu’un pervers nommé Jünger vienne briser l’équilibre.

Le roman traite de ceux qui osent parler après des générations de silence, malgré le risque d’être perçus comme fous ou menteurs. La voix qui se libère devient vitale.

 Le passé est une chose longue et lente à guérir. On le croit derrière nous alors qu’il est devant, qu’il nous mène et nous guide.

Interroger la posture, les choix, le destin inscrit par l’enfance devient indispensable pour avancer. Le roman explore la violence de l’ignorance volontaire, où les non-dits s’infiltrent comme une maladie.

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3. Un écho puissant entre les deux romans : les mots qui cicatrisent

Shalmani souligne l’écho puissant entre les deux textes : douleurs cristallisées autour du père, héritages invisibles, secrets transmis en silence. Les mots, ici, deviennent des outils de guérison, ouvrant des chemins pour briser les chaînes de l’histoire familiale.

Le message est clair : « Il faut tuer le père et peut-être qu’il faut tuer le fils, mais il faut savoir le faire avec une innocence trempée dans la lucidité la plus crue.

Vanessa Schneider et Antoine Wauters offrent deux possibilités de narration miroir : l’un, en portant le deuil de l’absence, l’autre en affrontant le poids du refoulement. Mais tous deux optent pour la parole salvatrice.

4. Dernière chronique : hommage vibrant à une plume engagée

Abnousse Shalmani conclut en adressant un vibrant adieu à sa propre chronique après cinq ans d’écriture pour L’Express, saluant la maison qui l’a accueillie. Sa voix, libre, critique et résolument littéraire, laisse une marque durable..

Conclusion

Dans cette chronique sensible et dense, Abnousse Shalmani célèbre la littérature comme remède et instrument de vérité. À travers La Peau dure et Haute-Folie, elle démontre comment les mots peuvent cicatriser des blessures ancestrales et offrir une voie vers l’émancipation. Ces deux romans dialoguent avec courage des silences familiaux, invitant le lecteur à reconnaître ses propres héritages et à oser briser le malheur transmis.

L’indicible trouve ainsi une voie d’expression puissante, rappelant que la littérature est souvent le seul terrain où la guérison commence.

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