culturel
Un parcours contradictoire
Dans les années passées, Matthieu Pigasse était souvent perçu comme un défenseur de l’austérité, ou du moins comme une figure inquiète de la dette publique.
En 2009, il prédisait la faillite des États. En 2015, il soutenait qu’il était « absolument nécessaire » d’effacer 100 milliards d’euros de la dette grecque ,tout en appartenant à la banque Lazard, qui bénéficiait d’honoraires sur le dossier.

Aujourd’hui : un positionnement plus à gauche, culturel et revendicatif
Pigasse affiche désormais une posture très différente. Il se présente comme un critique des 1 %, favorable à une taxation accrue des plus riches, et s’implique dans des médias culturels rappelant des valeurs plus progressistes.
Il possède ou contrôle des médias comme Les Inrockuptibles, Radio Nova, actionnaire au Monde, et il ne cache pas ses envies de faire de ses médias des plateformes engagées contre l’extrême droite.
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Les critiques de l’hypocrisie ou du paradoxe
Certains lui reprochent cette évolution de ton comme étant en partie stratégique, voire opportuniste : utiliser son influence médiatique pour prendre pied dans un électorat de gauche, tout en conservant ses positions ou ses intérêts dans les sphères économiques.
On lui note aussi une dissonance : appartenant à l’élite financière, banquier d’affaires, riche, mais se voulant en même temps porteur d’un discours antisystème ou critique du capitalisme libéral. Ce contraste suscite scepticisme chez certains observateurs.
Actions concrètes et prise de parole
Pigasse demande au gouvernement français « de faire plus » dans la taxation des plus riches, participant à des débats publics sur la justice fiscale.
Sur le plan des médias, il revendique un rôle culturel engagé : ses médias prennent des risques éditoriaux, invitent des voix critiques, encouragent un ton plus politique ou militant dans des domaines dits culturels (musique, humour, liberté d’expression).
Le contraste 2015 vs 2025
| Aspect | Pigasse vers 2015 | Pigasse en 2025 |
| Position sur la dette | Très critique, plaidait pour effacement, forçait la main à la rigueur des États | Moins focalisé sur la dette comme mal absolu, plus sur les inégalités et taxation |
| Posture économique | Banquier d’affaires, austérité, finance | Banquier + propriétaire de médias culturels, plus engagé politiquement |
| Méthode | Alertes économiques, prévisions alarmistes | Prises de parole publiques, engagement médiatique, activités culturelles |
| Public visé | Cercles économiques, politiques | Audiences médiatiques, culturelles, électorat de gauche et progressiste |
Enjeux et implications
Crédibilité : ce basculement provoque des questionnements : jusqu’à quel point Pigasse peut-il demeurer crédible auprès de ses contradicteurs quand ses positions semblent changer selon le contexte ?
Influence médiatique : en contrôlant des médias culturels, ses discours atteignent un public large — ce qui lui donne du poids non seulement économique mais idéologique.
Débat politique : cette évolution s’insère dans les débats actuels sur les inégalités, le rôle des médias, la justice fiscale, et la frontière entre engagement culturel et responsabilité politique.
Identité personnelle : Pigasse apparaît comme en quête d’un rôle plus symbolique, peut-être un peu provocateur , “banquier d’affaires qui se rêve révolutionnaire culturel”.

Conclusion
Le Pigasse de 2025 ne ressemble pas exactement à celui d’il y a dix ans. Le banquier autrefois austéritaire est devenu une sorte de figure hybride : financier puissant, investisseur médiatique, engagé sur des sujets culturels et politiques, plus à l’aise dans le registre de la critique des élites qu’au temps où il annonçait la faillite des États. Son positionnement soulève des inquiétudes, mais aussi un intérêt : celui de voir comment pouvoir, média et culture s’interpénètrent dans le nouveau monde politique.