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Le diabète de type 5, une forme méconnue qui ne naît pas de l’excès… mais du manque

Une anomalie clinique négligée pendant des décennies

L’histoire de cette pathologie est celle d’une anomalie longtemps reléguée aux marges scientifiques. Dès 1955, le médecin britannique Philip Hugh-Jones observait en Jamaïque des jeunes adultes maigres et diabétiques dont le profil ne correspondait pas aux formes classiques, baptisant leur condition « diabète J ». En 1985, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) tenta de la classer sous le nom de « diabète lié à la malnutrition », avant de retirer la catégorie en 1999 faute de preuves jugées suffisantes. Pendant plus de vingt ans, cette forme est restée confinée aux zones rurales d’Asie et d’Afrique. Cependant, des chercheurs ont persisté à observer chez des individus jeunes et très minces un diabète caractérisé par un déficit de sécrétion d’insuline sans la destruction auto-immune du pancréas typique du type 1, ni la résistance au glucose du type 2. L’étude majeure YODA, publiée dans The Lancet Diabetes & Endocrinology et menée en Afrique subsaharienne, a finalement confirmé l’existence de cette catégorie à part. Face à ces constats, l’International Diabetes Federation (IDF) a officialisé le diabète de type 5 en 2025 à Bangkok, offrant ainsi une reconnaissance cruciale aux personnes qui en souffrent.

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Le diabète de type 5 repose sur une histoire nutritionnelle longue

À la différence des autres formes, le diabète de type 5 résulte d’un épuisement cellulaire durable. Il touche principalement les personnes ayant subi une sous-nutrition chronique depuis la vie fœtale jusqu’à l’âge adulte. L’exposition répétée à la carence énergétique et protéique freine le développement du pancréas, épuisant les cellules bêta pancréatiques et limitant leur capacité à produire l’insuline nécessaire. Ces déficits ne résultent pas d’un mécanisme immunitaire, mais d’un dysfonctionnement souvent aggravé par le stress oxydatif et la carence en vitamines antioxydantes (comme A, C ou E) et en alimentation pauvre en protéines. L’organisme conserve pourtant une sensibilité normale à l’insuline, ce qui le distingue fondamentalement du diabète de type 2. Les chercheurs évoquent une vulnérabilité métabolique héritée, possiblement due à des facteurs épigénétiques. Ce phénomène pourrait être l’ultime conséquence d’une adaptation métabolique forcée, où le corps apprend à survivre en environnement de pénurie, au prix d’un dysfonctionnement irréversible du pancréas qui se manifeste des décennies plus tard.

Adapter les soins à un profil encore mal connu

La prise en charge du diabète de type 5 est complexe, car les recommandations thérapeutiques issues du diabète de type 2 ne conviennent pas. Les traitements classiques comme la metformine, par exemple, peuvent favoriser une perte de poids supplémentaire et aggraver l’état des patients déjà très minces. L’administration d’injections d’insuline doit également être ajustée avec prudence, car dans des contextes de pénurie alimentaire, un dosage excessif expose à des hypoglycémies graves. Les chercheurs plaident pour des stratégies adaptées combinant un accompagnement nutritionnel thérapeutique intensif (incluant une alimentation plus dense en énergie et en protéines) et des traitements oraux à faible risque. Certains patients pourraient bénéficier de sulfamides hypoglycémiants, qui peuvent stimuler la sécrétion d’insuline résiduelle. L’enjeu thérapeutique dépasse la pharmacologie : il concerne l’éducation sanitaire, l’amélioration de l’accès à l’insuline, et la mise en place de programmes de santé publique ciblant l’insécurité alimentaire et le soutien nutritionnel communautaire.

Le diabète de type 5, une forme méconnue qui ne naît pas de l’excès… mais du manque
Le diabète de type 5, une forme méconnue qui ne naît pas de l’excès… mais du manque

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Conclusion

Le diabète de type 5 est un puissant rappel que certaines maladies ne naissent pas de l’opulence, mais de la privation. En lui donnant un nom officiel, l’IDF et la science offrent non seulement un cadre de diagnostic et de traitement adapté, mais reconnaissent également l’empreinte durable de la pauvreté alimentaire sur la santé métabolique mondiale. Reconnaître cette forme, c’est mettre en lumière les défis de santé publique dans les régions en développement et plaider pour une approche du diabète plus équitable et humaniste.

Disclaimer

Cet article est uniquement à des fins informationnelles et éducatives. Il n’est pas destiné à remplacer l’avis, le diagnostic ou le traitement d’un professionnel de la santé qualifié. Les lecteurs sont fortement invités à vérifier les détails et à consulter un professionnel de la santé pour toute question médicale ou avant de prendre toute décision relative à leur santé.

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