L’instabilité politique française inquiète les chefs d’entreprise
Paris, le 27 août 2025 — La France se rapproche d’un vote de confiance crucial à l’Assemblée nationale, prévu pour le 8 septembre. Les dirigeants d’entreprise s’inquiètent pour l’économie et appellent les responsables politiques à la responsabilité.
Patrick Martin, président du Medef (Mouvement des Entreprises de France), a lancé un message fort dans une interview accordée à Franceinfo. Il a déclaré :
« Trop, c’est trop. On ne joue pas avec l’économie. »
Son avertissement survient alors que le Premier ministre François Bayrou s’apprête à tester la solidité de sa majorité parlementaire. Pendant ce temps, le pays fait face à une croissance atone, à une baisse de la confiance des investisseurs et à une incertitude budgétaire croissante.
On ne joue pas avec l’économie » – L’alerte économique du Medef
Martin a expliqué que l’économie française est déjà fragilisée. Il a souligné :
- une croissance du PIB très faible ces trois dernières années,
- une création d’emplois en ralentissement,
- des entreprises qui repoussent leurs investissements à cause de l’incertitude fiscale.
Selon lui, la situation pourrait s’aggraver avec les tensions politiques et le vote de confiance à venir. Les propos directs de Bayrou, qui dit « appeler un chat un chat », traduisent une certaine honnêteté, mais ils accentuent aussi l’inquiétude des milieux économiques.
Le vote de confiance et ses conséquences économiques
Le vote de confiance du 8 septembre dépasse le cadre strictement politique. Il pourrait avoir des répercussions économiques majeures. De nombreux entrepreneurs craignent un blocage institutionnel si le gouvernement échoue à obtenir un soutien clair.
Les experts préviennent que les investisseurs étrangers pourraient préférer placer leur argent en Allemagne ou en Espagne, où le cadre réglementaire apparaît plus stable. En attendant des clarifications, les entreprises françaises pourraient geler leurs embauches.
Risques de fuite des capitaux et de baisse des investissements
Le Medef s’inquiète surtout d’une éventuelle prolongation des surtaxes pesant sur les grandes et moyennes entreprises.
Près de la moitié de ces entreprises appartiennent à des investisseurs étrangers, particulièrement sensibles aux changements fiscaux. Si la pression fiscale se poursuit, ces acteurs pourraient déplacer leurs capitaux — voire leur siège social — vers d’autres pays. Patrick Martin a averti que la France pourrait perdre en compétitivité face à l’Allemagne, l’Espagne, la Chine et les États-Unis.

Un appel à la responsabilité politique à Paris
Patrick Martin a exhorté les responsables politiques français à sortir des logiques de court terme :
« Nous ne pouvons pas attendre 2027 pour agir », a-t-il déclaré en référence à la prochaine élection présidentielle.
Selon lui, le pays doit engager rapidement des réformes et définir des règles claires en matière de fiscalité, d’emploi et de compétitivité. Sans cela, la France s’exposerait à un déclin durable.
Réactions du gouvernement et de l’opposition
Le débat politique est déjà lancé. Sur France Inter, Gabriel Attal, membre du groupe Renaissance, a assuré qu’il soutiendra François Bayrou afin de garantir la stabilité gouvernementale.
Mais François Ruffin, député de gauche, reste sceptique. Selon lui, le vote de confiance doit entraîner un véritable changement politique, et non se contenter de prolonger le statu quo.
Conclusion: économie contre politique en France
Le message de Patrick Martin illustre la frustration croissante des dirigeants d’entreprise. Il a rappelé avec fermeté que l’économie ne doit pas être sacrifiée au jeu politique.
À l’approche du vote de confiance du 8 septembre, la France se retrouve face à une épreuve déterminante. Sans rétablissement de la confiance, clarification fiscale et réformes nécessaires, le pays risque de décrocher dans la compétition économique mondiale.