Une mobilisation qui pourrait remodeler la politique française
La France se prépare à une journée de mobilisation d’ampleur. Le 10 septembre 2025, le mouvement « Bloquons tout » doit amener des milliers de personnes dans les rues pour protester contre le président Emmanuel Macron et son plan budgétaire jugé trop strict.
Lors des journées d’été des écologistes à Strasbourg, Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste (PS), a affirmé que son parti soutiendrait la mobilisation. Mais il a précisé que le PS ne devait pas la contrôler. Selon lui, le rôle des socialistes est d’offrir une voix politique aux classes populaires de gauche et d’empêcher l’extrême droite de capter la colère sociale.
Montée de la colère sociale et mobilisation massive
Le mouvement du 10 septembre, baptisé « Bloquons tout », prend rapidement de l’ampleur. Il est né en réaction au plan de rigueur de Macron, qui prévoit 44 milliards d’euros de coupes budgétaires. Ces réductions touchent des secteurs sensibles : santé, retraites, indemnisation du chômage et aides aux plus précaires.
Un sondage Toluna–Harris Interactive pour RTL révèle que 63 % des Français soutiennent la mobilisation. Des manifestations d’envergure sont attendues à Paris, Lyon, Marseille, Strasbourg et dans de nombreuses autres villes. Même si les revendications du mouvement restent encore floues, Olivier Faure a insisté sur son importance : il traduit la colère des classes populaires face aux injustices sociales.
Le rôle du Parti socialiste: soutenir, mais pas diriger
Faure a clairement expliqué que le PS devait se tenir aux côtés des manifestants, mais sans jamais chercher à instrumentaliser le mouvement. Il déclare :
« Notre rôle n’est pas de canaliser, d’instrumentaliser ou de subordonner ce mouvement. Il est d’offrir une alternative politique progressiste qui empêche l’extrême droite de capter cette colère. »
Cette ligne se distingue de celle de Jean-Luc Mélenchon et La France insoumise (LFI), qui veulent utiliser la mobilisation pour imposer une motion de censure au gouvernement. Elle se démarque également de la stratégie du Rassemblement national (RN) de Marine Le Pen, souvent prompt à récupérer la colère sociale à des fins électorales.
Opposition aux coupes budgétaires de Macron
Au cœur de la contestation : les 44 milliards d’euros d’économies budgétaires voulues par Emmanuel Macron. Pour Faure, ces coupes « punissent les malades, les chômeurs, les retraités et les salariés ». Le Parti socialiste affirme vouloir défendre :
- le système de santé français ;
- les pensionnés et retraités, déjà fragilisés par les réformes précédentes ;
- les étudiants et les travailleurs en emploi précaire.
Cette bataille rappelle les grandes mobilisations sociales contre la réforme des retraites en 2023 et 2024.

Alliances avec la gauche française
Le PS n’est pas seul. Faure souligne travailler avec les écologistes (EELV), le Parti communiste (PCF) et LFI. Ensemble, ces forces souhaitent fédérer les luttes locales dans un projet commun de gauche. Mais des divergences persistent :
- LFI pousse à un affrontement direct avec le gouvernement et à des motions de censure.
- Le PS, de son côté, préfère concentrer ses efforts sur le blocage des coupes budgétaires plutôt que sur une chute immédiate de Macron.
Les syndicats: une prudence affichée
Les grandes centrales syndicales restent prudentes. Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, a averti du danger que l’extrême droite s’infiltre dans la mobilisation.
Pour l’instant, les syndicats n’ont pas encore officiellement rejoint le mouvement. Ils observent la situation avant de s’engager pleinement. Mais si la CGT, la CFDT et FO venaient à participer, le 10 septembre pourrait devenir la plus grande mobilisation en France depuis les Gilets jaunes.
Opinion publique : un large soutien à la mobilisation
Le sondage pour RTL montre un fort soutien populaire :
- 63 % des Français se disent favorables aux manifestations ;
- les étudiants, salariés, retraités et agents publics en sont les principaux soutiens ;
- certains craignent cependant des violences ou une récupération politique.
Malgré cela, le climat social démontre que le 10 septembre pourrait être un tournant politique majeur pour la France.
Conclusion: un test décisif pour la gauche française
Pour Olivier Faure et le Parti socialiste, le mouvement du 10 septembre dépasse la simple manifestation : il pourrait marquer un moment charnière. En soutenant la mobilisation sans la contrôler, et en refusant l’austérité sans exploiter la colère pour le pouvoir, le PS espère :
- défendre les salariés, retraités et chômeurs ;
- lutter contre les coupes budgétaires de Macron ;
- offrir une alternative démocratique et sociale à la France.
La réussite de cette stratégie dépendra de la capacité des partis de gauche, des syndicats et des citoyens à s’unir lors de cette journée historique.