Bougival
Nouméa, 13 août 2025 — Le Front de libération nationale kanak socialiste (FLNKS), principal mouvement indépendantiste de Nouvelle-Calédonie, a officiellement rejeté l’accord signé le 12 juillet dernier à Bougival (Yvelines) entre l’État français et les forces politiques calédoniennes. Cette décision, prise lors d’un congrès extraordinaire le 9 août, marque une rupture significative dans les relations entre le FLNKS et l’État français.

Les raisons du rejet
Selon Dominique Fochi, secrétaire général de l’Union calédonienne et membre du bureau politique du FLNKS, l’accord de Bougival est rejeté “en raison de son incompatibilité avec les fondements et acquis de notre lutte”. Il est notamment reproché à cet accord de ne pas prévoir de nouveau référendum sur l’indépendance, une condition essentielle pour le FLNKS.
Marie-Pierre Goyetche, membre du bureau politique et représentante du Parti travailliste, a souligné que le FLNKS ne participerait pas au comité de rédaction proposé par le ministre des Outre-mer, Manuel Valls, pour clarifier certains termes de l’accord. Elle a lancé un appel pacifique aux forces vives pour dire “stop à l’État s’il entend passer en force”.
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La réaction de l’État français
Le ministre des Outre-mer, Manuel Valls, a exprimé sa déception face à ce rejet, le qualifiant de “choix incompréhensible”. Il a annoncé son intention de se rendre en Nouvelle-Calédonie la semaine du 18 août pour tenter de sauver l’accord, qu’il présente comme un compromis historique, fruit de mois de travail avec toutes les délégations, y compris celle du FLNKS.
Vers un accord de Kanaky
Malgré ce rejet, le FLNKS souhaite “ouvrir le dialogue” en vue de la “signature d’un accord de Kanaky le 24 septembre 2025”, conduisant “à l’accession de la Nouvelle-Calédonie à la pleine souveraineté avant l’élection présidentielle de 2027”. Cette proposition marque une volonté de négocier directement avec l’État français sur les modalités d’accession à la pleine souveraineté.

Conclusion
Le rejet de l’accord de Bougival par le FLNKS souligne les divergences profondes entre les aspirations indépendantistes de la Nouvelle-Calédonie et les propositions de l’État français. Alors que l’État cherche à établir un cadre institutionnel durable, le FLNKS insiste sur la nécessité d’un processus de décolonisation complet, incluant un nouveau référendum sur l’indépendance. La suite des négociations, notamment la proposition d’un accord de Kanaky en septembre, sera déterminante pour l’avenir politique de la Nouvelle-Calédonie.