Les experts en développement de l’enfant tirent la sonnette d’alarme : les nouvelles générations grandissent déconnectées de la nature, confinées entre quatre murs, les yeux rivés sur les écrans. Cette tendance, amplifiée par l’urbanisation, les peurs parentales et la technologie omniprésente, donne naissance à ce que certains appellent désormais les “enfants d’intérieur”.
Une enfance de plus en plus confinée
Autrefois, les après-midi se passaient dehors : cabanes dans les bois, jeux dans les parcs, balades à vélo… Aujourd’hui, ces moments de liberté sont devenus rares.
« Nous créons des enfants d’intérieur, pour lesquels la divagation devient inexistante, où le plein air s’est raréfié », déplore un pédopsychiatre.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en moyenne, un enfant passe moins d’une heure par jour dehors, contre plus de six heures devant un écran.
Cette sédentarité précoce n’est pas sans conséquence sur la santé physique, émotionnelle et cognitive des plus jeunes.

Écrans, peur et urbanisation : un cocktail culturel
Les causes de ce phénomène sont multiples.
Les écrans jouent un rôle central : jeux vidéo, réseaux sociaux et contenus en ligne captent l’attention des enfants dès le plus jeune âge.
Mais la peur parentale contribue également à cette tendance. Beaucoup de familles, surtout en ville, craignent les accidents, les enlèvements ou les mauvaises rencontres, préférant garder leurs enfants à l’intérieur, là où ils “sont en sécurité”.
Enfin, l’urbanisation galopante laisse peu de place aux espaces naturels. Les zones vertes diminuent, les terrains vagues disparaissent, et la spontanéité du jeu libre s’efface au profit d’activités encadrées.
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Les conséquences sur le développement
Les chercheurs alertent : priver les enfants de nature et de mouvement nuit à leur créativité, leur autonomie et leur bien-être émotionnel.
Des études récentes montrent que les enfants qui passent du temps dehors développent mieux leurs capacités motrices, leur sens de la curiosité et leur gestion du stress.
« L’extérieur apprend la patience, l’adaptation, le contact avec le vivant », explique une psychologue du développement. « Sans cela, l’enfant risque de devenir anxieux, peu résilient, et dépendant du contrôle. »
Retrouver le goût du plein air
Face à ce constat, des initiatives voient le jour : écoles en forêt, sorties en nature, ateliers de déconnexion numérique…
Leur objectif : réhabituer les enfants à la liberté, à l’imprévu et au contact direct avec le monde réel.
Pour beaucoup de parents, il s’agit aussi d’un retour à la simplicité : marcher, grimper, courir, observer les insectes, sans objectif autre que le plaisir.
« Ce sont dans ces moments d’ennui ou de jeu libre que se construisent la curiosité et l’imagination », rappellent les éducateurs.

Disclaimer
Cet article se base sur des analyses de spécialistes en santé mentale, éducation et développement de l’enfant. Il a pour but d’informer sur les enjeux sociétaux liés à la diminution du temps passé en extérieur par les enfants. Il ne remplace pas un avis médical ou psychologique professionnel. Les citations et points de vue mentionnés reflètent les opinions de leurs auteurs respectifs.