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Colonies israéliennes: la LDH saisit la justice contre Airbnb et Booking, accusés de favoriser le tourisme d’occupation

La Ligue des droits de l’Homme (LDH), une éminente association française de défense des droits humains, a déposé une plainte à Paris le jeudi 16 octobre 2025 contre les géants du voyage en ligne, Airbnb et Booking.com. L’accusation est grave: complicité et recel aggravé de crimes de guerre. La LDH soutient que, par leurs offres de logements dans les colonies israéliennes illégales situées en territoires palestiniens occupés, les plateformes facilitent ce que l’organisation nomme le « tourisme d’occupation ». Cette action judiciaire relance le débat sur la responsabilité des plateformes numériques mondiales dans les zones de conflit et le respect du droit humanitaire international.

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Le Cœur de la Plainte: Faciliter l’Extension des Colonies Illégales

Au centre de la démarche de la LDH se trouve la conviction que ces multinationales tirent des profits financiers considérables tout en aidant, directement et indirectement, à la création et à l’extension des colonies israéliennes. L’organisation affirme que “Ces plateformes permettent et facilitent la création et l’extension des colonies israéliennes tout en en tirant d’importants bénéfices financiers.” Il est crucial de souligner que ces colonies israéliennes en Cisjordanie et à Jérusalem-Est sont unanimement considérées comme illégales en vertu du droit international. Malgré les alertes répétées de l’ONU et de diverses associations françaises de droits humains, la LDH estime que les pratiques d’Airbnb et Booking.com équivalent à un soutien actif au plan israélien de colonisation.

Le Tourisme d’Occupation: Une Stratégie de Normalisation

Le terme « tourisme d’occupation » dénoncé par la LDH fait référence à la normalisation de ces implantations illégales. La plainte souligne des différences dans la manière dont les plateformes présentent ces logements. Airbnb se contenterait d’afficher le nom de la colonie (comme Ariel ou Yakir), omettant souvent de préciser qu’il s’agit d’un territoire palestinien occupé. Booking.com, en revanche, peut mentionner que les logements sont en « Palestine » tout en les listant dans des colonies israéliennes, entretenant une confusion géographique et juridique qui promeut les colonies comme des destinations touristiques ordinaires du Moyen-Orient.

De plus, les annonces mettent souvent en avant la proximité d’attractions touristiques emblématiques des territoires palestiniens comme la Basilique de la Nativité ou la Mosquée d’Omar. Selon la LDH, cela contribue à « maintenir un tourisme d’occupation » en valorisant des lieux situés à l’intérieur ou à proximité immédiate des colonies.

Les Rapports des Nations Unies et la Responsabilité des Entreprises

Cette nouvelle action en justice française s’inscrit dans un contexte international où la question des colonies israéliennes et la responsabilité des entreprises sont de plus en plus examinées. En septembre dernier, le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU a répertorié 158 entreprises impliquées dans le développement des colonies. Plus explicitement encore, en juin 2025, la Rapporteuse spéciale Francesca Albanese a publiquement condamné le rôle de plateformes comme Airbnb et Booking, déclarant qu’elles vendaient un type de tourisme qui « légitime l’annexion » des territoires.

L’Enjeu Économique et les Chiffres de la Controverse

Un rapport du journal The Guardian de février 2025 a identifié 402 logements (350 sur Airbnb et 52 sur Booking.com) situés dans des colonies illégales en Cisjordanie et Jérusalem-Est à la date du 30 août 2024, capables d’accueillir plus de 2 000 personnes. Se basant sur ces données, la LDH a calculé que les revenus annuels dans la seule Cisjordanie pourraient dépasser les 3 millions d’euros pour les plateformes, commission comprise. En réponse, Airbnb a contesté ces estimations, affirmant que les bénéfices tirés des réservations dans ces territoires entre mai 2024 et avril 2025 s’élevaient à seulement 16 681 USD (environ 14 270 €), somme qu’elle affirme avoir intégralement reversée à des causes humanitaires.

Une Vague de Plaintes Internationales contre les Géants du Web

La plainte déposée par la LDH à Paris n’est pas un cas isolé. Elle fait suite à une série d’initiatives judiciaires intentées par des ONG européennes et internationales contre les plateformes pour leurs activités dans les territoires occupés :

  • Pays-Bas (Novembre 2023) : Une coalition de quatre organisations (SOMO, ELSC, Al-Haqq, et The Rights Forum) a déposé une plainte contre Booking.com pour blanchiment de profits issus des colonies, dossier toujours en cours d’examen.
  • Irlande, Royaume-Uni, et États-Unis (Juin 2025) : Les organisations GLAN, Al-Haqq et Sadaka Island ont déposé plainte contre Airbnb Ireland pour complicité de crimes de guerre et recel de profits de colonisation.

Il est à noter qu’en 2018, Airbnb avait initialement annoncé le retrait des annonces dans les colonies israéliennes de Cisjordanie, mais avait fait marche arrière en avril 2019, face à des poursuites judiciaires aux États-Unis et en Israël.

Colonies israéliennes: la LDH saisit la justice contre Airbnb et Booking, accusés de favoriser le tourisme d’occupation
Colonies israéliennes: la LDH saisit la justice contre Airbnb et Booking, accusés de favoriser le tourisme d’occupation

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Enjeux Géopolitiques et Conclusion

L’action en justice de la LDH met en lumière la délicate situation des plus de 500 000 Israéliens qui résident désormais dans ces colonies en Cisjordanie, développées depuis l’occupation israélienne de 1967, et ce, aux côtés de trois millions de Palestiniens. Ces implantations sont un point central du conflit israélo-palestinien et un symbole de la violation persistante du droit international.

Cette plainte de la Ligue des droits de l’Homme 2025 pourrait avoir des répercussions significatives, notamment si elle ouvre la voie à une jurisprudence historique contre le tourisme d’occupation ou si la justice française s’aligne sur les préoccupations de la Cour pénale internationale (CPI) concernant la complicité économique dans les crimes de guerre. Le monde attend de voir comment les entreprises numériques seront tenues responsables de leurs opérations dans les zones sous occupation militaire.

Disclaimer

The news information presented here is based on available reports and reliable sources concerning the legal action taken by the Ligue des droits de l’Homme (LDH) against Airbnb and Booking.com. Readers should cross-check updates and official statements from the respective judicial authorities, the LDH, and the platforms themselves.

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