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Mitterrand invite Arafat: Comment la Palestine a embrasé la politique française bien avant Macron

Quand la diplomatie a secoué la République

Le 2 mai 1989, le président français François Mitterrand a fait un geste historique : il a invité Yasser Arafat, chef de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), au palais de l’Élysée. Ils se sont assis côte à côte dans des fauteuils, et la photo a fait le tour du monde. Cela a provoqué une immense colère.

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Ce même jour, des manifestations éclatent à Paris, notamment rue Copernic — lieu de l’attentat antisémite de 1980 contre une synagogue. Des organisations juives comme le CRIF ont scandé : « Mitterrand démission ! » Bien avant que le président Macron ne parle de reconnaissance de la Palestine, Mitterrand avait déjà introduit ce sujet explosif au cœur de la politique française. C’était un geste audacieux, mais risqué. Il a déclenché des tensions profondes et a changé la manière dont la France percevait le Moyen-Orient.

Un tournant historique à l’Élysée

La visite d’Arafat: un pari diplomatique calculé

Mitterrand n’a pas invité Arafat sans poser de conditions. Il a exigé que l’OLP accepte deux principes :

  • La reconnaissance du droit d’Israël à exister
  • L’arrêt de la violence, comme l’ont demandé les résolutions 242 et 338 de l’ONU

Après qu’Arafat a accepté, Mitterrand lui a ouvert les portes de l’Élysée. La France est ainsi devenue le premier grand pays occidental à recevoir officiellement Arafat.

Un geste symbolique pour une opinion divisée

Pour envoyer un message de paix, Arafat est passé à la télévision française. Il y a déclaré que la charte de l’OLP de 1964 était « caduque. un mot choisi avec soin. Cette charte niait l’existence d’Israël. Même s’il a mal prononcé le mot, c’était volontaire. Des diplomates français l’avaient aidé à le choisir.

Ce mot visait trois objectifs :

  • Rassurer l’opinion publique française
  • Montrer à Israël un désir de paix
  • Donner de l’espoir aux Palestiniens modérés

C’était une stratégie linguistique et symbolique habile, destinée à plusieurs publics en même temps.

Mitterrand invite Arafat: Comment la Palestine a embrasé la politique française bien avant Macron
Mitterrand invite Arafat: Comment la Palestine a embrasé la politique française bien avant Macron

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La classe politique française déchirée sur la Palestine

La gauche soutient: un pas vers la paid

Certains responsables de gauche ont salué la visite, parmi eux :

  • Pierre Mauroy, ancien Premier ministre
  • Plusieurs intellectuels français
  • De nombreux élus socialistes

Ils voyaient cette rencontre comme un geste en faveur de la paix, et souhaitaient que l’Europe joue un rôle plus actif dans le conflit israélo-palestinien.

La droite s’indigne: une trahison diplomatique

Mais à droite, l’indignation était forte. Jacques Chirac, alors maire de Paris, a critiqué la démarche. Pour lui, la paix devait se faire entre États, pas avec une organisation comme l’OLP. Valéry Giscard d’Estaing, président de la commission des Affaires étrangères, a refusé de rencontrer Arafat. Il a estimé que cela revenait à reconnaître un État palestinien.

Les sondages à l’époque montraient une opinion partagée :

  • 45 % soutenaient Mitterrand
  • 32 % étaient opposés
  • 23 % étaient indécis

La société française était donc profondément divisée.

La stratégie moyen-orientale de Mitterrand : entre Tel-Aviv et Tunis

Une posture duale dans la politique étrangère

Mitterrand a tenté de maintenir un équilibre délicat. Il est resté proche d’Israël tout en dialoguant avec les pays arabes. Quelques exemples :

  • Il a facilité la sortie d’Arafat de Beyrouth en 1982
  • Il a soutenu les efforts de paix au Liban
  • Il a appuyé les plans de paix de l’ONU

Cette approche donnait à la France une image de médiateur fort et impartial, et a permis à l’Europe d’avoir plus de poids dans les négociations de paix.

Conclusion

Un héritage qui divise encore

Le geste de Mitterrand en 1989 n’était pas qu’un acte politique. C’était un tournant historique. Il a accueilli un dirigeant sans État à l’Élysée — un geste audacieux en pleine Guerre froide. Certains l’ont qualifié de courageux, d’autres de dangereux. La presse et le public en ont débattu pendant des années.

Aujourd’hui, en 2025, le président Macron envisage à son tour de reconnaître l’État palestinien. Le précédent de Mitterrand reste fondamental. Il montre qu’un simple rendez-vous diplomatique, au bon moment, peut transformer durablement les relations internationales.

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