Une fréquentation décevante
La 21ᵉ édition du festival Rock en Seine, organisée du 20 au 24 août 2025 au Domaine National de Saint-Cloud près de Paris, a connu l’une de ses années les plus difficiles. Seulement 148 000 spectateurs ont fait le déplacement en cinq jours, contre 180 000 en 2024.
Le directeur du festival, Matthieu Ducos, a reconnu sa déception. Selon lui, plusieurs facteurs ont fragilisé l’événement cette année : une mauvaise période, des annulations d’artistes et des tensions politiques.
Les causes de la baisse de fréquentation
De nombreuses raisons expliquent ce recul de visiteurs :
Dates avancées\
Le festival s’est tenu fin août, une période où beaucoup de gens sont encore en vacances.
Annulations d’artistes principaux
- A$AP Rocky a annulé à la dernière minute. Il a été remplacé par Kid Cudi, mais seulement 24 personnes ont assisté à son concert le jeudi.
- Doechii a également annulé son unique date française, ce qui a fortement déçu ses fans.
Programmation inégale
- Le vendredi a été faible, le DJ Anyma n’ayant pas attiré un large public.
- Le samedi a mieux fonctionné avec 22 000 spectateurs venus assister au dernier concert en France du groupe Justice.
- Le dimanche s’est terminé en beauté grâce aux Queens of the Stone Age, qui ont offert l’un des meilleurs shows du festival.

Polémique politique et répercussions financières
Le groupe de rap irlandais Kneecap a créé la controverse en raison de ses prises de position politiques. Sur scène, ils ont accusé le gouvernement français de soutenir Israël par la vente d’armes, allant jusqu’à qualifier Benjamin Netanyahu de « criminel de guerre ». Leur écran diffusait des messages comme :
« Le gouvernement français est complice : il vend et facilite le commerce d’armes avec l’armée israélienne. »
Certains spectateurs ont tenté d’interrompre le concert, mais la sécurité a maîtrisé la situation. Le groupe a conclu son set sous les cris de « Free, free Palestine ».
À la suite de cet épisode :
- La ville de Saint-Cloud a retiré sa subvention de 40 000 €.
- Le conseil régional d’Île-de-France a également supprimé son aide.
- Même le ministère de l’Intérieur a émis des avertissements.
Malgré tout, Matthieu Ducos a défendu le choix artistique, rappelant que la liberté d’expression est une valeur essentielle dans un festival.
Fragilité financière et avenir incertain
Avec moins de billets vendus et des financements publics retirés, Rock en Seine traverse désormais une phase difficile. Ducos a souligné la nécessité de trouver un équilibre entre diversité artistique et viabilité économique. Il a aussi noté que de nombreux jeunes privilégient aujourd’hui les petits festivals et les concerts de musiques urbaines, au détriment des grands rendez-vous.
Ce bilan mitigé pose des questions sur l’avenir des grands festivals européens, qui doivent faire face à une concurrence accrue et à des enjeux politiques qui peuvent rapidement peser sur leur fréquentation.
Rock en Seine 2026 : un nouveau départ ?
Malgré ces difficultés, les organisateurs ont déjà confirmé la tenue de Rock en Seine 2026, prévu du 26 au 30 août 2026.
Leurs objectifs :
- Sécuriser plus tôt la venue de grandes têtes d’affiche internationales afin d’éviter les annulations.
- Travailler davantage avec la scène musicale parisienne.
- Rassurer le public en garantissant une programmation stable.
Conclusion
Rock en Seine 2025 restera dans les mémoires non pas pour sa musique, mais pour ses espaces vides, ses subventions annulées et ses polémiques. La fréquentation a chuté, les controverses ont occupé le devant de la scène et le modèle économique du festival a vacillé.
Cependant, cette année difficile pourrait servir de leçon. Si les organisateurs savent en tirer profit, Rock en Seine 2026 pourrait renaître plus fort et prouver à nouveau pourquoi il est l’un des plus grands festivals de musique en Europe.