massacre de la Saint
Paris, 26 août 2025 — France 2 diffuse un docu-fiction ambitieux qui explore, caméra en main, l’un des événements les plus sanglants des guerres de Religion : le massacre de la Saint-Barthélemy (24-30 août 1572). Dit événement tragique a provoqué la mort de plusieurs milliers de protestants à Paris, avant de se propager dans tout le royaume .

Une enquête vivante portée par un rescapé
Dix ans après le massacre, un survivant nommé Jean guide le documentaire. Il mène une enquête inédite — caméra à l’épaule — pour identifier les meurtriers de son père et de son frère. Il interroge des figures historiques telles que Catherine de Médicis, Henri III, le duc de Guise, Marguerite de Valois ou Henri de Navarre, et parvient à infiltrer des groupuscules catholiques radicaux .
Deux épisodes immersifs : “Raison d’État” et “Le temps des assassins”
- Épisode 1 – Raison d’État : Jean, aidé du mémorialiste Pierre de L’Estoile, rencontre le pasteur Simon Goulart, chargé de recenser les victimes à Genève. Il entend que Catherine de Médicis serait à l’origine du massacre, responsable de la mort des chefs protestants puis dépassée par le chaos .
- Épisode 2 – Le temps des assassins : Jean apprend qu’un certain Nicolas Pezou, ex-capitaine de la milice bourgeoise, pourrait être lié à une série de meurtres — notamment le jet dans la Seine de protestants derrière une porte dite de la « Porte rouge » dans la « Vallée de Misère ». Grâce à son infiltration dans une confrérie catholique radicale, il continue son enquête directe .
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Un parti pris formel audacieux inspiré des grandes œuvres historiques
Réalisé par Hugues Nancy, ce docu-fiction opte pour une mise en scène immersive rappelant les reconstitutions historiques façon reportage. Jean Picquier (incarné par Gaspard Meier) incarne le questionnement contemporain face à la violence religieuse de l’époque, combinant émotion, fiction et rigueur documentaire .
Une histoire revisitée à la lumière de la microhistorie
Le scénario, coécrit avec Adila Bennedjaï-Zou et enrichi par les recherches de l’historien Jérémie Foa (notamment son livre Tous ceux qui tombent), déconstruit le récit dominant du massacre. Il montre qu’il ne s’agit pas d’un acte irréfléchi, mais d’une montée en puissance du fanatisme organisée, enchevêtrée dans des ambitions politiques et sociales .

Conclusion — Quand l’histoire éclaire notre présent
« Tuer au nom de Dieu » réussit le pari rare d’allier intensité dramatique et acuité historique. En replaçant le massacre de la Saint-Barthélemy sous le regard d’un rescapé enquêteur, le documentaire éclaire les mécanismes de la haine religieuse, du fanatisme politique et de l’instrumentalisation du religieux — autant de facettes douloureuses, mais éclairantes pour notre époque.