Paris, le 22 août 2025: À l’approche des manifestations « Bloquons tout » prévues le 10 septembre 2025, le Rassemblement National (RN) a tenu à clarifier sa position. Sa vice-présidente, Édwige Diaz, a déclaré dans une interview que le RN « n’a pas vocation à organiser des manifestations ». Elle a insisté sur le fait que le parti n’est pas à la tête de ce mouvement.
Le RN prend ses distances avec la mobilisation du 10 septembre
Diaz a expliqué que la mission du RN n’était pas de lancer des protestations, mais de « répondre aux problèmes et aux revendications des Français, pas de crier dans un mégaphone ». Avec cette prise de distance, le parti de Marine Le Pen cherche à apparaître plus responsable, en mettant en avant son rôle politique et ses propositions plutôt qu’une implication dans la rue.
Le mouvement « Bloquons tout » a démarré sur les réseaux sociaux. Il appelait à une paralysie nationale contre les difficultés économiques et la politique fiscale du gouvernement. La mobilisation a pris de l’ampleur lorsque plusieurs partis de gauche l’ont soutenue, notamment :
- La France insoumise (LFI) de Jean-Luc Mélenchon
- Les Verts
- Le Parti communiste français (PCF)
- Le Parti socialiste (PS)
Ce soutien a transformé le mouvement en une action politique forte contre le gouvernement.
Le RN critique l’appui de la gauche
Pour Édwige Diaz, cet appui politique pourrait paradoxalement affaiblir la mobilisation.
Elle a expliqué : « L’implication de Jean-Luc Mélenchon et d’autres risque de décourager certains Français de participer aux manifestations. Selon elle, quand les partis politiques s’emparent de tels mouvements, les problèmes réels des citoyens passent au second plan, et cela se transforme en une bataille entre formations politiques.

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Inquiétudes sécuritaires : la crainte d’infiltration du Black Bloc
Diaz a aussi souligné que les militants et électeurs du RN restent libres de participer ou non aux manifestations. Mais elle a mis en garde contre les risques de violences, pointant le danger de l’infiltration par le Black Bloc, connu pour :
- Casser des vitrines de magasins
- Détruire du mobilier urbain
- Se confronter aux forces de l’ordre
Elle a en outre critiqué le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, qu’elle accuse de ne pas être capable de contrôler ces groupes violents. Elle a prévenu que ce sont « les Français qui travaillent, qui souffrent et qui ont de vrais problèmes » qui risquent d’être les premières victimes du chaos dans les rues. Elle a conclu fermement : « Si le RN avait été au pouvoir, il n’y aurait pas eu de mouvement ‘Bloquons tout’ le 10 septembre. »
La stratégie alternative du RN
Un autre cadre du RN, le député Thomas Ménagé, a également précisé la ligne du parti dans un entretien à Europe 1.
Il a affirmé :
- « Nous ne sommes pas là pour prendre position sur les mouvements sociaux. »
- « Nous avons été élus avec Marine Le Pen pour défendre les Français — travailleurs, classes moyennes, retraités — qui n’en peuvent plus des impôts. »
Selon lui, le rôle du RN est de se battre à l’Assemblée nationale, pas dans la rue. Le parti veut obtenir des baisses d’impôts et des mesures concrètes à travers la loi, plutôt que par les manifestations. Ménagé a ajouté que la France ne devait pas être « plongée dans le chaos ». Le RN veut apparaître comme la force de stabilité en temps de crise.
Points clés : la position du RN face aux manifestations du 10 septembre
- Le RN affirme ne pas être l’organisateur du mouvement « Bloquons tout ».
- Le parti veut se concentrer sur la gouvernance et non sur les manifestations.
- La récupération par les partis de gauche fragilise, selon le RN, la mobilisation.
- Le RN craint des violences liées aux groupes radicaux comme le Black Bloc.
- Le parti entend défendre les Français par l’action parlementaire, pas dans la rue.
Conclusion
En se tenant à l’écart des manifestations « Bloquons tout » du 10 septembre, le Rassemblement National veut se présenter comme un parti sérieux et responsable. Tandis que les formations de gauche appellent à descendre dans la rue, Édwige Diaz et Thomas Ménagé rappellent que leur combat se joue avant tout à l’Assemblée nationale, pour apporter des solutions concrètes aux citoyens.
Ce positionnement illustre une stratégie plus large du RN : apparaître comme la force de l’ordre et de la stabilité, capable d’apporter des réponses aux difficultés des Français, plutôt que de contribuer à la contestation et au désordre.