républicain
Paris, 21 août 2025 — Professeure de lettres classiques et membre du Conseil des sages de la laïcité, Delphine Girard revient sur un parcours personnel façonné par deux attentats qui ont marqué la République. Elle partage son histoire et dévoile son engagement dans un livre à paraître, Madame, vous n’avez pas le droit (JC Lattès, 28 août) .

1. Des origines modestes et un goût précoce pour l’universel
Issue d’une famille d’immigrés italiens et vietnamiens, Delphine Girard se souvient des railleries familiales :
“Avec ton latin et ton grec, tu n’es pas capable de construire un escalier…”, une taquinerie qui souligne la différence sociale et culturelle.
Agrégée de lettres classiques, elle découvre la richesse de l’enseignement. Dès les attentats de 2015 contre Charlie Hebdo, elle répond aux premières contestations en classe (notamment autour des Lumières) par un renforcement de la pédagogie universaliste ..
2. L’assassinat de Samuel Paty : une école républicaine assiégée
Le 16 octobre 2020, Delphine Girard est bouleversée par les premières alertes reçues :
“On nous déclarait la guerre.” Elle comprend alors que ce n’est pas un acte isolé, mais une attaque contre la vocation de l’Éducation nationale elle-même .
Elle se sent peu soutenue, contrairement à la réaction massive qu’elle imaginait, similaire à celle ayant suivi Charlie Hebdo. Une solitude partagée par de nombreux collègues enseignants devient patente .
3. À la genèse de Vigilance Collèges Lycées
C’est dans ce contexte qu’elle rejoint la fondation du réseau Vigilance Collèges Lycées (VCL), en réponse à l’appel de Gilles Denis (créateur de Vigilance Universités). L’objectif : ne plus laisser aucun enseignant isolé face à l’islamisme ou au communautarisme
Ce réseau rassemble des enseignants, en particulier d’Île-de-France, préoccupés autant par la défiance croissante des élèves que par la précarité du soutien institutionnel
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4. Enseigner la laïcité face aux incompréhensions
Un souvenir marquant : lors de l’étude de Zadig de Voltaire, un élève lui aurait lancé :
“Madame, vous n’avez pas le droit de critiquer les religions.”
Elle saisit cette remarque pour expliquer la notion de blasphème, et pourquoi elle est permise dans un État laïque comme la France .

Conclusion — Un combat incarné pour l’universalité
Delphine Girard incarne une figure d’engagement républicain. Issue d’un parcours modeste, agrégée de lettres classiques, elle a vu sa vocation éducative transformée en combat civique. À travers Madame, vous n’avez pas le droit, elle partage ce chemin vers l’universalité et rappelle l’importance de tenir les rangs, ensemble, pour défendre la laïcité et la transmission libre du savoir.