Nouvelle-Calédonie
Séisme politique en Nouvelle-Calédonie
Le FLNKS, principale coalition indépendantiste de Nouvelle-Calédonie, a annoncé sa ferme opposition à l’accord de Bougival signé le 12 juillet 2025 à Paris. Cet accord proposait la création d’un « État de Nouvelle-Calédonie », la reconnaissance d’une nouvelle nationalité calédonienne et le transfert de compétences comme la justice, la monnaie et la police vers le contrôle régional.

Un rejet « clair et sans ambiguïté »
Lors d’un congrès d’urgence du FLNKS tenu le 9 août près de Nouméa, le leader Christian Tein a exprimé sa ferme opposition à l’accord. S’exprimant en direct par visioconférence en raison de restrictions judiciaires l’empêchant de revenir sur le territoire, il a appelé à un rejet « clair et sans ambiguïté ». Tein a critiqué l’accord comme révélant le mépris de l’administration française envers la lutte kanak pour la reconnaissance.
Les signataires se rétractent
Bien qu’ils aient signé l’accord, plusieurs composantes clés du FLNKS — dont l’Union calédonienne (UC) et Dynamik Autochtone — ont fait marche arrière dès le 31 juillet, rejetant l’accord purement et simplement. Certaines de ces formations rejoignent désormais la position de Tein, considérant que la participation à l’accord a été une erreur stratégique.
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Et maintenant ?
Tandis que le FLNKS se mobilise contre l’accord, le ministre français des Outre-mer, Manuel Valls, reste optimiste. Il a proposé la création d’un comité de rédaction pour affiner le texte, notamment en clarifiant les questions d’identité et le rôle du peuple kanak. Il prévoit de se rendre à Nouméa vers la mi-août pour relancer les discussions et tenter de parvenir à un consensus.
Un avenir incertain
Si le FLNKS maintient son rejet unanime, l’avenir politique de la Nouvelle-Calédonie restera incertain. L’accord de Bougival n’a pas encore été ratifié par le Parlement français ni approuvé par référendum (prévu début 2026), ce qui laisse son statut juridique en suspens.

Conclusion
Présenté comme un compromis historique pour l’avenir de la Nouvelle-Calédonie, l’accord de Bougival se heurte désormais au refus de figures kanak majeures, révélant une profonde méfiance et des divisions politiques complexes. Que le dialogue renouvelé débouche ou non sur une voie stable, ou que le territoire s’enfonce dans l’incertitude, déterminera l’avenir de cette collectivité française du Pacifique pour les années à venir.