Une baisse dramatique depuis 2019
La Tate Modern et la Tate Britain sont deux musées d’art emblématiques à Londres. Depuis 2019, leur fréquentation a chuté de 27 %, ce qui représente 2,2 millions de visiteurs en moins. La directrice du musée, Maria Balshaw, affirme que le Brexit et la pandémie de COVID-19 sont les principales causes de cette baisse. D’autres musées londoniens comme la National Portrait Gallery ou le British Museum n’ont perdu que 3 % à 4 % de leurs visiteurs, ce qui montre que le problème est particulièrement grave pour la Tate.
Forte baisse de la fréquentation des jeunes internationaux
La majorité des visiteurs britanniques sont revenus — 95 % selon les chiffres actuels. Mais les visiteurs internationaux, notamment les jeunes européens, ne sont pas revenus en masse. Seuls 61 % d’entre eux sont revenus. En 2019–2020, environ 609 000 jeunes européens avaient visité la Tate. En 2023–2024, ils n’étaient plus que 357 000.
Maria Balshaw explique que le Brexit a rendu les voyages plus compliqués. De nombreux jeunes européens ne peuvent plus voyager aussi facilement, participer à des programmes comme Erasmus+, ou financer leur voyage à cause des difficultés économiques post-COVID.
Pressions financières et polémiques autour de la programmation
Avec moins de visiteurs, les revenus du musée ont diminué. La Tate a dû supprimer 7 % de ses effectifs après la pandémie.
Beaucoup d’institutions culturelles britanniques traversent aussi des difficultés financières. Par ailleurs, certaines critiques visent les expositions jugées trop politiques ou « woke », ce qui rebuterait les amateurs d’art plus traditionnel.
Il est même question de mettre fin à la gratuité d’entrée, un principe historique des musées publics britanniques.
Réponse stratégique
nocturnes et programmation pour les jeunes
Pour inverser la tendance, la Tate teste de nouvelles approches ciblant les jeunes.
L’événement pour les 25 ans de la Tate Modern a été un succès : 76 000 visiteurs, dont 70 % avaient moins de 35 ans. Le musée propose aussi des nocturnes et des événements avec de la musique. Il n’existe pas encore de plan concret pour faire revenir les étudiants européens, mais ces initiatives visent clairement la génération Z et les Millennials.

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La Tate peut-elle retrouver son rayonnement mondial
En 2024, plus de 6 millions de personnes ont visité la Tate. Les expositions payantes connaissent à nouveau un bon succès. Mais ce sont surtout les expositions en accès libre qui attirent moins celles qui autrefois attiraient les jeunes et les touristes européens. Pour les faire revenir, la Tate prévoit des expositions autour de grands noms comme Picasso, Turner, Constable et Tracey Emin.
L’objectif: rappeler au monde que la Tate est un lieu artistique de premier plan. Mais certains experts pensent que la Tate doit aussi retrouver son audace d’autrefois comme lors des expositions marquantes d’Olafur Eliasson (The Weather Project) ou d’Ai Weiwei (Sunflower Seeds). Ce sont ces expositions qui ont marqué les esprits. Beaucoup souhaitent que la Tate retrouve ce type d’ambition artistique.
Reprendre le leadership culturel
Maria Balshaw insiste : le Brexit et le COVID ont eu un impact réel sur les musées britanniques. Pour que la Tate retrouve son influence, il ne suffit pas de faire revenir les visiteurs. Il faut aussi proposer des expositions de qualité, faire revenir les jeunes européens, et garder une place centrale dans le paysage artistique européen. Avec ses grands projets à venir, la Tate vise à redevenir plus qu’un musée : elle veut redevenir une force culturelle dans le Royaume-Uni post-Brexit.
Conclusion
La Tate a perdu une grande partie de son public depuis 2019, en particulier les jeunes européens. Le Brexit et la pandémie ont rendu les voyages et les échanges plus difficiles, changeant le profil des visiteurs. Aujourd’hui, la Tate tente de séduire à nouveau les jeunes grâce à des événements festifs et des expositions prestigieuses. Mais pour retrouver sa grandeur, elle devra à nouveau susciter l’enthousiasme comme elle a su le faire par le passé.