L’unité de la gauche française face à sa plus grande épreuve
D’ici la mi-octobre 2025, les électeurs français seront appelés à voter lors de trois élections législatives partielles. Elles concerneront Paris, Montauban et les Français établis en Espagne et au Portugal. Ces scrutins font suite à l’annulation des résultats des législatives de 2024 par le Conseil constitutionnel. Plusieurs députés sortants sont désormais interdits de se présenter pendant un an, et la carte électorale a été modifiée.
Si des figures comme Michel Barnier ou Thierry Mariani attirent l’attention, c’est surtout l’état de l’union de la gauche, incarnée par le Nouveau Front Populaire (NFP), qui suscite l’intérêt. Cette alliance, créée en 2024, regroupe le Parti Socialiste (PS), La France Insoumise (LFI), les Écologistes (EELV) et les Communistes (PCF). Mais de profondes divisions émergent, notamment sur le choix des candidats et la stratégie à adopter en vue des régionales de 2026 et de la présidentielle de 2027.
2e circonscription de Paris: Duel symbolique au cœur de la capitale
Fractures à droite: Barnier contre Dati
Dans cette circonscription très médiatisée, la droite est en pleine guerre interne. Michel Barnier, ancien ministre de Nicolas Sarkozy, a annoncé sa candidature pour Les Républicains. Mais Rachida Dati, maire du 7e arrondissement et actuelle ministre de la Culture, pourrait aussi se lancer. Si ces deux personnalités s’affrontent, elles risquent de diviser le vote conservateur — au bénéfice potentiel des macronistes ou même de l’extrême droite.
Offensive de l’extrême droite: Mariani, l’anti-Macron assumé
Thierry Mariani, candidat du Rassemblement National (RN), mène une campagne contre tout ce qui représente Emmanuel Macron. Il espère séduire un électorat qui, historiquement, n’était pas favorable à l’extrême droite dans cette zone.
Hésitations du NFP: Qui portera les couleurs de la gauche
La circonscription devait revenir au PS, mais Marine Rosset, personnalité respectée, n’a pas encore confirmé sa candidature. Quitterie de Villepin, ancienne soutien du MoDem aujourd’hui engagée dans les causes progressistes, souhaite se présenter. Ces hésitations illustrent les divisions profondes du NFP, notamment sur la manière de séduire l’électorat urbain éduqué tout en restant fidèle à ses valeurs.
1re circonscription de Tarn-et-Garonne (Montauban): Un bastion socialiste en mutation
Valérie Rabault quitte la scène
Dans le Sud, Valérie Rabault, figure de proue du PS, ne se représentera pas. Nommée à la Cour des comptes en 2025, son retrait prive la gauche d’un poids lourd dans une zone historiquement acquise aux socialistes.
Le centre se réorganise: Renaissance soutient la société civile
Brigitte Barèges, conservatrice, est désormais inéligible. Le parti Renaissance soutient Catherine Simonin-Benazet, issue du monde associatif. Elle n’était arrivée que troisième en 2024. Dans une région peu favorable au centralisme parisien, sa campagne s’annonce compliquée.

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5e circonscription des Français de l’étranger : Une politique transnationale à forts enjeux locaux
Renaissance vs LFI: Coggia contre Peciña
Ce scrutin concerne les Français vivant en Espagne et au Portugal. Après l’invalidation de l’élection de Stéphane Vojetta, Renaissance a investi Nathalie Coggia, installée à Madrid depuis 2021. Du côté de LFI, Martha Peciña défend une campagne axée sur la justice sociale, le climat, la fiscalité équitable et l’accès à l’éducation pour les Français à l’étranger.
Tensions dans la coalition: LFI hausse le ton
LFI a averti ses partenaires du NFP : pas question de revenir sur les accords passés. Si d’autres formations cherchent à nouer des alliances centristes, LFI pourrait quitter la coalition. Ce signal fort montre que la confiance entre alliés s’effrite.
Des fractures croissantes au sein du Nouveau Front Populaire
Ces élections partielles sont un véritable test pour le NFP. Créée pour faire barrage à Macron, l’alliance semble se déliter. Les désaccords sur les investitures, les messages contradictoires et les ambitions divergentes fragilisent son unité. Chaque parti cherche à défendre ses propres bastions, au risque de disperser le vote de gauche — ce qui pourrait favoriser la droite et le centre.
Les tensions internes majeures
- Conflits sur les investitures : PS et LFI se disputent les circonscriptions à représenter.
- Dérive idéologique : Les écologistes et les socialistes s’orientent vers le centre, ce que LFI et les communistes critiquent vivement.
- Risque d’abstention : Les divisions pourraient démobiliser l’électorat, notamment à Paris et dans le Sud.
Conclusion
Une gauche fragmentée, une droite revigorée
Ces trois élections ne sont pas anodines : elles révéleront si le NFP peut survivre à ses divisions ou non. L’alliance doit trancher : est-elle une simple coalition électorale ou une véritable force politique ? De Paris au Sud de la France, en passant par les Français de l’étranger, l’avenir de la gauche française est en suspens.