Le succès espagnol peut-il relancer la gauche française
De nombreux partis de gauche en Europe perdent du soutien. Mais en Espagne, Pedro Sánchez et son parti, le PSOE, résistent bien. Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste français (PS), regarde vers l’Espagne pour s’en inspirer. Il pense que le succès espagnol pourrait aider à redonner de la force aux socialistes français. La France se prépare aussi aux élections européennes de 2025. Faure croit que le modèle espagnol pourrait permettre de résoudre les tensions au sein de la gauche française, notamment dans la coalition NUPES.
La stratégie de coalition de Sánchez et son retour électoral
Avant les élections de 2023, beaucoup pensaient que Pedro Sánchez allait perdre le pouvoir. Pourtant, il est resté au gouvernement. Il y est parvenu en s’alliant à d’autres partis de gauche, comme Sumar, dirigé par Yolanda Díaz. Sánchez a su préserver l’identité du PSOE tout en coopérant avec ses alliés. Ils ont mené des campagnes électorales séparées, puis se sont unis après le scrutin. Olivier Faure apprécie cette méthode. Il souhaite appliquer la même stratégie en France : les socialistes devraient garder leur autonomie pendant la campagne, mais rester prêts à former une coalition après l’élection.
Le message d’Olivier Faure à la gauche française
Faure loue la méthode politique de Sánchez. Il affirme que les partis de gauche français devraient aussi se présenter séparément aux élections. Ensuite, ils pourraient s’unir pour gouverner. Cette stratégie est pertinente dans le cadre des élections européennes, basées sur la représentation proportionnelle.
Faure souhaite que le PS se détache du cadre rigide de l’unité imposée par la NUPES. Il veut que les socialistes suivent l’exemple du PSOE et de Sumar : parler en leur nom propre, tout en restant ouverts à une alliance post-électorale. Cette approche, selon lui, permet de clarifier les valeurs du parti. Il croit que le public aura davantage confiance dans un PS qui affirme son identité.

ALSO Read: Des allégations de « racisme généralisé » dans la police provoquent des retombées judiciaires
Réactions à la NUPES
des fractures au sein de la gauche française
Mais tout le monde n’est pas d’accord avec Faure. Certains leaders de La France Insoumise (LFI) et des écologistes sont en colère. Jean-Luc Mélenchon (LFI) a qualifié la proposition de Faure « d’irresponsable ». Il pense que transposer le modèle espagnol à la France pourrait faire exploser la NUPES.
Les critiques rappellent que les systèmes électoraux français sont différents. La France utilise à la fois le scrutin proportionnel et le scrutin uninominal majoritaire. Cela rend plus difficile l’élection de petits partis de gauche s’ils ne restent pas unis. Ils craignent qu’en se présentant séparément, les partis de gauche perdent encore plus de sièges.
Pourquoi l’Espagne reste une référence pour la gauche européenne
Malgré les critiques, l’exemple espagnol reste porteur d’espoir. Le PSOE a battu le parti d’extrême droite Vox et a réussi à maintenir une coalition solide. Cela montre que la social-démocratie n’est pas morte.
L’Espagne enseigne plusieurs leçons à la gauche européenne :
- Identité forte : Le PSOE et Sumar ont gardé leurs propres noms pendant la campagne, mais ont collaboré ensuite.
- Coalition équitable : Les alliances se sont faites par la négociation, pas par la fusion forcée.
- Jeunes électeurs : Ils ont parlé aux jeunes de sujets comme l’emploi, la justice et le climat.
- Confiance : Sánchez a été transparent sur les problèmes comme la corruption, ce qui a renforcé la confiance.
Conclusion
une voie à suivre, ou une impasse
Pour Olivier Faure, le succès espagnol est une source d’inspiration. Il croit que le socialisme peut encore fonctionner s’il est honnête, pragmatique et adapté au système électoral. Mais la gauche française reste profondément divisée. La méfiance entre les partis est forte. Et les règles électorales françaises sont spécifiques.
Alors, le modèle espagnol peut-il vraiment s’appliquer à la France ? Peut-être – mais seulement s’il est adapté à la réalité politique française. L’Espagne donne de l’espoir, mais la France doit choisir : évoluer et s’unir, ou rester fracturée.