Le 30 juillet 2025, à l’issue du dernier Conseil des ministres avant la pause estivale, le gouvernement de François Bayrou a entamé trois semaines de vacances… en France. Une consigne claire a été donnée : « rester en France » et maintenir un contact quotidien avec les cabinets. Cet article dévoile où les ministres ont choisi de séjourner – Bretagne, Corse, Var, Savoie, Haute-Savoie – et analyse les enjeux politiques derrière ces séjours estivaux stratégiquement situés.
Destinations ministérielles par région
Bretagne : le choix préféré des ministres
Plusieurs ministres ont opté pour la Bretagne, illustrant une image de vacances modestes et enracinées :
- Éric Lombard (Économie)
- Amélie de Montchalin (Comptes publics)
- Véronique Louwagie (Commerce)
- Françoise Gatel (Ruralité)
Sophie Primas, porte-parole du gouvernement, retrouve sa maison familiale à Guidel (Morbihan), entourée de ses enfants et petits-enfants – une mise en scène de valeurs familiales et traditionnelles.
Corse : symbolique et stratégie politique
La Corse attire plusieurs membres du gouvernement :
- Marc Ferracci (Industrie)
- Laurent Marcangeli (Fonction publique)
- Catherine Vautrin (Travail & Santé)
- Laurent Saint-Martin (Commerce extérieur)
Leur présence sur l’île fait écho au débat en cours sur la réforme constitutionnelle du statut de la Corse, un signal discret d’engagement envers les préoccupations d’autonomie régionale.
Var et Alpes-Maritimes : discrétion en bord de mer
- Sébastien Lecornu (Armées) pourrait revenir à sa propriété de Rayol-Canadel, dans un cadre discret.
- Élisabeth Borne (Éducation) séjourne dans le Var, avant de se rendre à La Réunion et Mayotte pour préparer la rentrée scolaire.
- Charlotte Parmentier-Lecocq (Autonomie et Handicap) prévoit un séjour dans le Sud-Est du 2 au 9 août.
- Philippe Tabarot (Transports) alterne entre les festivités dans les Alpes-Maritimes et un passage en Savoie, mêlant visibilité locale et vie familiale.

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Savoie et Haute-Savoie : retraites alpines
Choisies pour leur tranquillité mais aussi leur proximité avec les préoccupations rurales et montagnardes :
- Patrick Mignola (Relations avec le Parlement)
- Philippe Baptiste (Enseignement supérieur)
- Aurore Bergé (Égalité femmes-hommes)
- François-Noël Buffet (Intérieur – Affaires territoriales)
Un été “studieux”, pas une pause
Certains piliers du gouvernement ne prennent aucune pause estivale :
- François Bayrou reste à Paris, concentré sur son plan d’économies de 43,8 milliards d’euros visant à éviter une motion de censure et une crise de la dette.
- Gérald Darmanin (Justice) reste également dans la capitale pour faire avancer ses réformes judiciaires majeures.
Un conseiller gouvernemental a confié à BFMTV que cet été est « sans répit » pour les ministres, chacun devant rester opérationnel au quotidien. Les déplacements se font exclusivement France, afin d’éviter toute polémique liée à des séjours à l’étranger, comme les précédents voyages à Ibiza ou Marrakech.
Rentrée politique : un automne à forts enjeux
Le prochain Conseil des ministres se tiendra le 27 août 2025, lançant une rentrée politique à haut risque, avec au programme :
- Débats budgétaires cruciaux
- Projets de réforme constitutionnelle
- Possibles remaniements ministériels
Pourquoi cette stratégie de vacances domestiques est-elle importante
- Image & confiance publique : En choisissant des destinations modestes et françaises, les ministres renvoient une image sobre et proche du peuple, conforme au contexte d’austérité.
- Cohérence avec les portefeuilles ministériels : Des destinations en lien avec les domaines de compétence des ministres renforcent leur crédibilité (ex. : Ruralité en Bretagne).
- Continuité de gouvernance : La disponibilité constante des ministres permet d’assurer une stabilité de l’action gouvernementale, notamment pour la stratégie de désendettement portée par Bayrou.
Conclusion
En 2025, les vacances gouvernementales prennent une tonalité particulière : plus politiques que personnelles. Dans un climat de tension budgétaire et de réformes institutionnelles à venir, François Bayrou impose un nouveau style de gouvernance estivale, fait de proximité, de sobriété et de continuité de l’État. En évitant tout luxe ou exotisme, ses ministres cherchent à préserver la confiance publique et à préparer une rentrée déterminante pour l’avenir politique du pays.