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Qui est Mario J. Rizzo ?
Mario J. Rizzo est un économiste américain respecté et professeur à l’Université de New York, connu pour ses travaux sur l’École autrichienne et ses critiques de l’intervention de l’État. Il a fait parler de lui en France lors de l’université d’été d’Aix‑en‑Provence 2025, organisée par IES Europe, où il a partagé une vision controversée de l’ancien président Donald Trump.

Une thèse controversée : Trump, un homme « très honnête »
L’argument central de Rizzo : Donald Trump est, de façon « perverse », un homme qui fait exactement ce qu’il a dit qu’il ferait. Contrairement à de nombreux politiciens, il tient ses promesses — qu’il s’agisse de droits de douane, de restrictions aux frontières ou de baisses d’impôts — même si ces mesures vont à l’encontre des principes économiques libéraux traditionnels.
Cette honnêteté, selon Rizzo, a dérouté ceux qui pensaient que Trump agirait par pur opportunisme. Au lieu de cela, Trump a appliqué fidèlement son programme annoncé — y compris dans ses aspects les plus illibéraux.
Une critique d’un point de vue libéral classique
Rizzo avait déjà mis en garde dès 2016 contre Trump comme contre Hillary Clinton. Il rejetait le protectionnisme et les barrières migratoires de Trump, tout en critiquant l’augmentation des dépenses publiques prônée par Clinton — y voyant, dans les deux cas, une trahison du véritable libéralisme économique.
Il déplore que les véritables libéraux classiques, autrefois influents dans la politique américaine, aient presque disparu. Les Républicains modérés se sont retirés de la vie publique et, selon lui, le Parti libertarien a été largement récupéré par des courants extrêmes.
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Elon Musk et la « confusion du libre marché »
Malgré la réputation de Musk comme icône libertarienne, Rizzo conteste cette étiquette. Il pointe du doigt les coupes budgétaires radicales de Musk, notamment dans les aides à fort retour social sur investissement, et critique le soutien de Musk à Trump sans remise en cause de son protectionnisme. Rizzo qualifie Musk « d’idiot utile du protectionnisme ».
Le mythe des États-Unis comme paradis libéral
Rizzo démonte également l’idée selon laquelle l’Amérique serait un bastion du libre marché. Il rappelle que les États-Unis ont une forte réglementation fédérale et étatique, et un filet de sécurité sociale limité — bien loin du système de marché totalement libre que beaucoup imaginent.
Les défis économiques américains : un avertissement
Rizzo alerte sur le fait que le « Big and Beautiful Bill » de Trump pourrait accroître considérablement la dette publique américaine. Face à l’opposition des électeurs à une forte hausse des impôts et aux blocages politiques pour réduire les dépenses, l’inflation pourrait devenir la solution par défaut pour gérer la dette — une option douloureuse mais politiquement plus facile.
Il souligne aussi le déclin démographique des États-Unis et l’absence de politique économique cohérente, notant que favoriser l’immigration ou stimuler la productivité pourrait aider — mais seulement avec un leadership budgétaire solide.
Un Parti républicain transformé
Selon Rizzo, l’ascension de Trump a marqué un tournant pour le Parti républicain, qui est passé de l’héritage du libre-échange de Reagan à une stratégie centrée sur l’électorat ouvrier, avec un discours nationaliste et anti-mondialisation. Ce virage a profondément remodelé la politique américaine et marginalisé le libéralisme économique classique.

Conclusion
Mario J. Rizzo offre une perspective provocante : l’honnêteté propre à Trump — bien que controversée — l’a rendu prévisible et fidèle à ses promesses, le distinguant des politiciens traditionnels. En même temps, son analyse est un constat amer du déclin des idéaux libéraux dans le débat politique américain.