Depuis plusieurs semaines, une vive inquiétude secoue la diaspora algérienne. En cause : une série de mesures envisagées par Alger visant à retirer la nationalité à certains opposants politiques vivant à l’étranger. Ces annonces, perçues comme une tentative de répression silencieuse, font craindre une vague d’apatridie forcée parmi les voix critiques du régime.
Une décision controversée
Le débat a éclaté après que plusieurs responsables politiques algériens ont évoqué la possibilité de retirer la nationalité à toute personne accusée de porter atteinte aux “intérêts fondamentaux de l’État”.
Officiellement, il s’agirait d’une mesure de souveraineté nationale. Mais pour de nombreux observateurs, ce projet a avant tout une portée politique.
Les opposants en exil, souvent installés en France, au Canada ou encore au Royaume-Uni, y voient une stratégie de dissuasion :
« La nationalité algérienne n’est pas la propriété d’un régime. Elle appartient à un peuple, à son histoire », déclare un militant basé à Paris, dénonçant une dérive autoritaire.

Une diaspora sous tension
Cette annonce a ravivé les tensions entre Alger et sa diaspora. Des associations de défense des droits humains dénoncent une mesure « inhumaine et contraire au droit international », rappelant que priver quelqu’un de sa nationalité le rend juridiquement apatride, sans protection consulaire ni reconnaissance légale dans aucun pays.
Pour Human Rights Watch, cette idée serait une « arme administrative » utilisée contre la liberté d’expression :
« On ne devrait pas punir des citoyens pour leurs opinions politiques, encore moins en leur retirant leur identité nationale », souligne l’organisation.
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Les réactions politiques
Du côté des autorités algériennes, on défend un cadre légal strict, affirmant que les cas concernés seraient « exceptionnels » et « justifiés par des menaces graves à la sécurité nationale ».
Cependant, aucun texte précis n’a encore été adopté, laissant place à une zone grise propice à l’inquiétude.
Des figures du mouvement Hirak, toujours actives depuis l’étranger, appellent à une mobilisation internationale :
« Ce n’est pas seulement une question de passeport, mais de dignité. On veut faire taire ceux qui refusent de se soumettre », martèle un journaliste algérien réfugié à Montréal.
Une question de souveraineté… et de liberté
Ce débat autour de la nationalité soulève une question plus large : celle du rapport entre l’État et ses citoyens, surtout dans un contexte où la critique politique reste risquée.
Pour beaucoup, cette initiative illustre la volonté du pouvoir de contrôler même l’identité de ses opposants, un symbole fort de l’emprise du régime sur la société.

Disclaimer
Cet article repose sur les déclarations publiques, les analyses d’experts et les réactions d’organisations de défense des droits humains disponibles au moment de sa rédaction. Il vise à informer sur les enjeux politiques et juridiques liés à la question de la nationalité en Algérie, sans prendre parti ni émettre de jugement sur les acteurs mentionnés. Les positions citées reflètent les opinions de leurs auteurs respectifs.