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La diplomatie culturelle française tiraillée entre deux ministères

Un front fracturé au cœur du soft power français

Le 18 juillet 2025, la France a organisé un événement intitulé les “Ateliers de l’Institut Français” au Parc Floral de Paris. L’objectif était de mettre en valeur la diplomatie culturelle française. Deux figures de premier plan y ont pris la parole : le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot et la ministre de la Culture Rachida Dati.

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Le discours de Barrot s’est voulu grave et déterminé. Il a évoqué les grandes menaces mondiales. Dati, quant à elle, a adopté un ton plus posé, mettant en avant des actions concrètes ancrées dans les territoires. Ce contraste a révélé une tension profonde : la stratégie culturelle de la France semble aujourd’hui divisée. Or, la culture est une composante essentielle du rayonnement international de la France. Mais désormais, les deux ministères impliqués paraissent avancer chacun de leur côté.

Deux ministères, des missions divergentes

La diplomatie culturelle française repose sur deux piliers institutionnels :

  • Le ministère des Affaires étrangères (le Quai d’Orsay), qui voit la culture comme un outil d’influence internationale. Il mise sur la langue française, la pensée et les actions globales.
  • Le ministère de la Culture (la Rue de Valois), qui privilégie le soutien aux arts, au patrimoine et à la création nationale. Il promeut le cinéma, la littérature, la musique et les industries culturelles.

Mais ces deux entités travaillent de manière cloisonnée. Elles partagent pourtant les mêmes outils — comme l’Institut Français ou les Alliances Françaises — sans toujours se coordonner. Cela crée des redondances, des incohérences et affaiblit l’impact global.

Des tensions institutionnelles visibles

Jean-Noël Barrot considère la culture comme une arme stratégique face aux défis mondiaux : il l’inscrit pleinement dans une logique de soft power. Rachida Dati, elle, préfère des projets concrets et utiles, tournés vers les acteurs locaux et les filières culturelles françaises.

Ce manque d’unité inquiète les observateurs. Il risque de brouiller le message de la France à l’international. Certains efforts sont doublés, d’autres manquent de lisibilité. La France peine à réagir avec agilité aux mutations culturelles mondiales.

La diplomatie culturelle française tiraillée entre deux ministères
La diplomatie culturelle française tiraillée entre deux ministères

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Des freins structurels et budgétaires

Les experts soulignent des problèmes de fond :

  • Double tutelle de l’Institut Français, piloté par les deux ministères, rendant la gestion confuse.
  • Absence de coordination stratégique : chaque ministère conçoit ses plans dans son coin.
  • Manque de financement : la diplomatie culturelle ne bénéficie pas de budgets solides.
  • Messages divergents selon les ambassades ou les régions du monde, donnant une image floue.

Des propositions de réforme : vers une gouvernance unifiée

Pour répondre à ces défis, plusieurs pistes de réforme sont proposées :

Une agence unique pour la diplomatie culturelle

Créer une structure centralisée permettrait de réunir les volets diplomatique et culturel sous un même toit. Cela garantirait une direction claire et cohérente.

Des comités de pilotage interministériels

Des équipes mixtes rassemblant les deux ministères pourraient planifier ensemble les actions, les budgets et la stratégie globale.

Renforcement de l’Institut Français

Donner plus d’autonomie et de moyens à l’Institut Français lui permettrait de mener une politique culturelle durable, loin des tensions politiques.

Enjeux mondiaux: pourquoi l’unité est cruciale

La culture — langue, création artistique, idées — constitue un levier majeur de puissance douce pour la France. La diplomatie culturelle soutient :

  • La francophonie, notamment en Afrique et au Canada
  • La promotion des industries culturelles en Amérique latine
  • Les échanges universitaires et artistiques en Asie
  • Les festivals et missions culturelles dans le Sud global

Mais si la France ne réforme pas rapidement sa stratégie, son influence mondiale risque de s’éroder, alors que d’autres pays investissent massivement dans leur propre soft power.

Conclusion

il est temps de réunifier la stratégie d’influence culturelle

Le contraste entre les discours de Jean-Noël Barrot et Rachida Dati révèle une crise de gouvernance culturelle. Pour rester audible et influente à l’échelle mondiale, la France a besoin d’une stratégie unifiée. Cela peut passer par la création d’un nouvel organisme commun, ou par un meilleur travail d’équipe entre les deux ministères. En somme, la France doit réconcilier culture et diplomatie pour continuer à rayonner par la force de ses idées, de sa langue et de sa créativité.

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