Les dirigeants d’entreprises français confrontés à l’incertitude politique
Lors de la Rencontre des entrepreneurs de France (REF), organisée par le Medef au stade Roland-Garros à Paris les 27 et 28 août 2025, l’ambiance était tendue. Les grands patrons français ont exprimé plus de frustration et de crainte que d’optimisme. L’événement a mis en évidence un problème majeur : l’instabilité politique pèse désormais sur le climat des affaires, les projets d’investissement et la confiance du secteur privé.
Les dirigeants ont souligné que les changements constants d’alliances politiques, ainsi que l’incertitude entourant le vote de confiance du Premier ministre François Bayrou prévu le 8 septembre, bloquent les projets, retardent les embauches et gèlent les investissements.
L’appel de Patrick Martin : l’unité plutôt que les divisions partisanes
Patrick Martin, président du Medef, a prononcé le discours d’ouverture. Il a affirmé soutenir le choix de François Bayrou de soumettre le gouvernement à un vote de confiance, y voyant un signal important pour l’avenir du pays.
Mais Martin a aussi dénoncé une classe politique obsédée par les luttes de pouvoir personnelles au lieu de se concentrer sur l’intérêt national. Son message était clair : la France a besoin d’unité, pas de querelles interminables, car de longues périodes d’instabilité nuisent à sa compétitivité mondiale.
La voix des entrepreneurs : de l’exaspération à la paralysie
Les témoignages des dirigeants d’entreprise ont traduit une colère et une inquiétude palpables.
- Stanislas Lacroix, directeur d’Aldes (ventilation, 1 800 salariés à Lyon), a déclaré : « Si les politiques pensaient à la France plutôt qu’à eux-mêmes, cela aiderait tout le monde. »
- Véronique Bougardier, spécialiste du financement, a expliqué que de nombreux projets sont retardés de six mois. Même les contrats signés restent bloqués.
- Vincent Bryant, fondateur de la start-up parisienne Deepki, a dénoncé la multiplication des services administratifs qui freine l’innovation.
- Grégoire Audibert, cofondateur de Winter Mushrooms, a révélé avoir choisi d’investir à Dubaï et au Brésil plutôt qu’en France, en raison de la baisse de confiance dans le marché français.
Dans de nombreux secteurs, le constat est identique : ralentissement des activités, embauches gelées, capitaux qui fuient vers des marchés plus sûrs. Plusieurs dirigeants expliquent travailler « semaine après semaine » plutôt que de planifier sur le long terme.
La réponse du gouvernement : rassurer face aux tensions croissantes
Les responsables politiques ont tenté d’apaiser ces craintes. Le Premier ministre François Bayrou a assuré que les Français avaient désormais pris conscience de la gravité de la dette nationale et que le gouvernement mettait tout en œuvre pour y remédier. Selon lui, le vote de confiance du 8 septembre sera un moment décisif pour restaurer la stabilité.
Le ministre de l’Économie Éric Lombard a promis que le budget 2026 serait présenté à temps. Il a confirmé qu’il n’y aurait pas de retour de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF), tout en rappelant la nécessité de réaliser 44 milliards d’euros d’économies. Le message du gouvernement se voulait rassurant : les réformes continueront, mais sans effrayer les investisseurs.

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Perspectives économiques : en attente de clarté politique
L’avenir économique dépend désormais de la situation politique. Beaucoup d’entreprises suspendent leurs embauches et leurs investissements en attendant l’issue du vote de confiance. Certaines transfèrent déjà des capitaux vers des marchés plus stables.
La confiance des ménages comme des entreprises reste fragile, et nombreux sont ceux qui redoutent un ralentissement en 2026. Si les blocages politiques persistent, la France pourrait perdre son statut de hub économique européen au profit de villes comme Bruxelles, Berlin ou Dubaï.
Points clés pour la France et les marchés mondiaux
- Les chefs d’entreprise exigent de la stabilité et rejettent les jeux politiques.
- Les PME sont les plus touchées, avec des projets et emplois retardés.
- Les investisseurs internationaux transfèrent leurs capitaux vers des marchés jugés plus sûrs, comme Dubaï ou le Brésil.
- Le vote de confiance du 8 septembre sera crucial : un échec pourrait plonger la France dans une nouvelle phase d’instabilité.
Conclusion: entre exaspération et anxiété
Les dirigeants d’entreprise français oscillent entre frustration face aux querelles politiques et crainte pour l’avenir. Avec des projets gelés, des emplois repoussés et des capitaux en fuite, les prochaines semaines diront si la France peut regagner la confiance de ses entrepreneurs — ou la perdre au profit de concurrents internationaux.